Mercredi 28 mars, 2012

Papier Tigre, l’heure de la récréation

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Le temps d’un vinyle, chronique du dernier album de Papier Tigre au gré des titres de cet album riche et puissant.

Difficile de condenser en quelques lignes la richesse d’une musique complexe et renouvelée à chaque écoute de la trempe de celle de Papier Tigre. Malgré tout, pour toi lecteur, avide de découvrir les sensations ressenties à l’écoute de ces morceaux indie rock à tendance noise, je me laisse aller à un exercice de style que Philippe Manœuvre ou Patrick Eudeline m’envieront dès demain : vinyle en rotation, diamant prêt à gratter le sillon, la chronique sera finie quand sonnera la fin de  »Récréation », nouvel album de Papier Tigre.

Dès le départ, pris à contre-temps, tête qui ne sait où acquiescer, que m’arrive t il ? « I’m someone who dies » ? Vous devez savoir que vous ne savez plus où vous êtes, perdus dès maintenant dans l’univers puissant et fragile du Tigre de Papier. Début sautillant de « Chimera ». Monologue du chanteur au batteur, à moins que ce ne soit l’inverse. Phrasés de guitares bien envoyés par interludes.

Chronique faiblarde ? Est ce que je vous mentirais ? Le groupe m’impose sa vérité à domicile sur « Home Truth », morceau de bravoure épileptique digne de « Restless Empire » sur le précédent album. Trois notes tendues qui me tiennent par l’oreille avant de me mettre une baffe bien méritée. Pas passé loin de l’évanouissement, je reprends petit à petit mes esprits au rythme du plus lancinant « This and that and more of this and that ». Percussions et cordes de guitare frétillantes à l’introduction de   »The later Reply ». Survol de l’ensemble maîtrisé de bout en bout par le chant d’Eric Pasquereau, avant un final du genre dernier rappel, on fracasse le matériel.

Craquements. Silence. Face B.

Redémarrage groovy, je me dandine de droite à gauche sur mon canapé comme un chroniqueur inepte. Alternance alambiquée à la « Demand » de passages puissants et dépouillés. Sur « Afternoons », la puissance céderait presque la place à une pointe de violence doucereuse quand la voix nous harangue à répétition en fin de morceau. L’élégant « Teenage Lifetime » peine quelques instants à prendre la suite d’un tel duo avec des accents plus pop. Un morceau long, complexe, dont on ne saura apprécier toutes les subtilités qu’après quelques dizaines d’écoutes. C’est pour ce genre de pépites qu’il faut savoir remercier Papier Tigre de créer une musique à la psychologie si féminine.

Le morceau suivant sonne plus direct. Du genre uppercut du droit, suivi d’un crochet du gauche. Franchement « Parents and Neighbours », on dirait presque un titre d’album punk-rock, et dans le genre lâcher de guitares, certains passages ne sont pas en reste. On déguste ensuite l’introduction feutrée de « Wandering Cage », titre nerveux, à fleur de peau, oscillant entre passages déchirés et enjoués.

Ambigu et multiple, à l’image de « Recréation ».

Afternoons | Live par Papier Tigre.

Nicolas Antoine


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